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Qu’est-ce que le taux de change et pourquoi évolue-t-il sans cesse ?

Economie
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Le taux de change peut sembler abstrait, mais il exerce une influence sur le quotidien : le prix de vos vacances à l’étranger, le coût d’un smartphone importé, la facture d’énergie, ou encore la compétitivité des entreprises qui exportent. Pour le comprendre, partons de définitions simples et avançons pas à pas.

Définition du taux de change

Le taux de change est le cours, c’est-à-dire le « prix » d’une monnaie exprimé dans une autre monnaie. Dans le cadre des taux de change, les monnaies sont appelées des « devises ».
Supposons qu’avec 1 euro, je peux obtenir 1,10 dollar. Le taux de change de l’euro par rapport au dollar est de 1,10. Et inversement, avec 1 dollar, je peux obtenir 1/1,10 = 0,91 euro. Le taux de change du dollar par rapport à l’euro est donc de 0,91.

En France, et plus largement en zone euro, les prix des devises changent tous les jours. Cela est le résultat d’un régime de change : la zone euro, comme les Etats-Unis ou le Japon, laisse le prix de sa devise varier au gré de l’offre et de la demande. Notre régime de change est dit « flottant ». Cependant, d’autres approches sont possibles : certains pays (Chine, Algérie, Vietnam, Maroc…) fixent ou guide étroitement le prix de leur devise. Cela leur apporte plus de stabilité, mais leur fait perdre en flexibilité.
Dans tous les cas, il existe un marché mondial où s’échangent les devises : le marché des changes, aussi appelé Forex. Il fonctionne quasiment 24h/24, avec des banques, des entreprises, des fonds d’investissement, des banques centrales… et, à la marge, des particuliers.

Pourquoi le taux de change bouge sans cesse ?

On l’a dit plus haut, les taux de change varient en permanence parce que, comme les prix des biens et services, ils s’ajustent en fonction de l’offre et de la demande. Et qu’est-ce qui influence cette offre et cette demande ? De nombreux facteurs économiques et financiers parmi lesquels :

Le taux d’intérêt

L’un des facteurs les plus important est le taux d’intérêt. Si les taux montent dans une zone monétaire, les placements en monnaie locale deviennent plus attractifs. Les capitaux internationaux peuvent affluer pour profiter de ce rendement, ce qui soutient la demande pour cette monnaie. À l’inverse, des taux plus bas peuvent la léser.

L’inflation

Une inflation durablement élevée érode le pouvoir d’achat de la monnaie. Les investisseurs se détournent de ces monnaies qui perdent de leur valeur, et préfèrent se diriger vers des monnaies solides, dites de « réserves ». À terme, cela peut se traduire par une monnaie plus faible.

La croissance et l’emploi

Une économie solide attire les investissements et rassure sur la capacité de remboursement des emprunteurs dans cette monnaie, ce qui peut soutenir la devise.

La balance commerciale

Un pays qui exporte beaucoup de biens et services (ou de matières premières) reçoit des devises étrangères qu’il convertit dans sa monnaie, ce qui la soutient. À l’inverse, une forte dépendance aux importations peut peser sur la monnaie. Pour acheter des ordinateurs à une entreprise chinoise, il faut en effet vendre ses euros contre du yuan, l’offre d’euro augmente, tout comme la demande de yuans ! Ainsi, la valeur de l’euro s’affaiblit par rapport à celle du yuan.

Le risque et l’incertitude

En période de crise géopolitique ou financière, certains capitaux se replient vers des « valeurs refuges » (certaines monnaies, obligations d’État bien notées). Ces flux, par exemple des pays en développement vers les pays très développés, font varier les taux de change.

Les interventions publiques

Les banques centrales peuvent intervenir sur leurs monnaies, directement (achats/ventes de devises) ou indirectement (communication, politique monétaire). Ces actions ne sont pas quotidiennes, mais lorsqu’elles surviennent, elles influencent souvent les cours des devises.
Ces éléments se combinent, et leur importance varie selon les périodes. Par exemple, l’écart de taux d’intérêt peut dominer à un moment, puis ce sont les prix de l’énergie ou la confiance des investisseurs qui prennent le dessus.
A ceci vient s’ajouter : les anticipations des acteurs économiques. En effet, si les acteurs anticipent une hausse du taux d’intérêt, ou une augmentation des importations dans un an, alors ceux-ci vont prendre des positions dès aujourd’hui sur le marché des changes. On dit que les taux de change sont « forward looking », c’est-à-dire qu’ils incorporent toutes les anticipations des marchés.

En résumé, le taux de change bouge sans cesse car il incorpore, en temps réel, des informations et des paris sur l’avenir. Il n’existe pas « un » bon niveau de taux de change « gravé dans le marbre » : le marché ajuste en continu le prix des monnaies pour refléter l’équilibre du moment. En pratique, prévoir comment les taux de change vont évoluer dans une minute ou dans un mois est quasiment une mission impossible.

Article rédigé par La finance pour tous

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