Aller au contenu

ANCRE LES INFOS – AUTOMNE 2023

EDITO

LES 40 ANS DE L’ASSOCIATION

En règle générale, cet éditorial traite de questions d’actualité. En mars dernier, c’était l’évolution des marchés financiers et ses conséquences sur les performances de l’assurance vie. En juillet c’était la démarche de dématérialisation entreprise par l’ANCRE. Aujourd’hui c’est d’une actualité qui commence fin 1983 dont je veux vous parler brièvement puisque l’ANCRE a eu 40 ans le mois dernier.

Quelques chiffres tout d’abord :

  • 96 adhérents au 31 décembre 1983 … Plus de 600 000 à la fin de cette année 2023 ;
  • 1 seul contrat souscrit auprès des AGF (devenues Allianz) fin 1983 (La Retraite AGF) … 59 contrats en vigueur aujourd’hui, dont 44 auxquels on ne peut plus adhérer mais sur lesquels les adhérents qui les ont souscrits peuvent, ou doivent selon les cas, verser des cotisations ;
  • Quelques centaines de milliers de francs d’épargne versés par les 96 adhérents fin 1983 … début 2023 : 22 milliards d’euros d’encours gérés dans nos contrats d’épargne et retraite et 23 milliards d’euros de capitaux sous risque dans nos contrats de prévoyance.

Cela pourtant ne suffit pas à montrer le chemin parcouru. Il faut aussi se rappeler !

  • La multiplication des communications avec vous, les adhérents : un périodique de 16 pages trois fois dans l’année, des newsletters fréquentes, un site Internet qui vous est dédié, 6 à 8 rencontres dans vos régions chaque année, des « webconférences » à votre intention depuis l’an passé et qui vont se multiplier ;
  • Des services à valeur ajoutée pour tous (Allo Infos juridiques, Protection Juridique, Santéclair, Testamento, des simulateurs Retraite, des articles réguliers sur l’économie ou la finance…) ;
  • Le mécénat avec la FCA et LIRYC puis la création en 2022 du Fonds de dotation ANCRE SOLIDARITE.

Si certaines de ces réalisations ou de ces noms ou acronymes ne vous disent rien, renseignez-vous sur notre site : www.ancre-vie.com

Tout cela a été rendu possible grâce à l’action et au travail des membres du Conseil d’Administration de l’Association et de son Bureau, des membres des Comités de Surveillance du PERP tout d’abord, puis des PERI depuis la loi PACTE et des collaborateurs de l’ANCRE durant ces quarante années. Qu’ils soient tous remerciés ici.

Mais surtout, cela n’a été possible que parce que vous êtes devenus adhérents en faisant confiance à notre Association qui, depuis 40 ans, a préparé en étroite et permanente liaison avec l’assureur des contrats de bonne qualité et veillé à leur permanente évolution en signant les avenants nécessaires. Sans vous, c’est une évidence, rien n’aurait pris cette dimension et c’est donc à vous que je dis le plus grand merci et … BON ANNIVERSAIRE.

Jean-François DEBROIS – Président de l’ANCRE

ENGAGEMENT SOCIETAL

L’ANCRE ET L’INSTITUT DES MALADIES DU RYTHME CARDIAQUE (LIRYC)

L’ANCRE s’engage en faveur du progrès de la science et de la recherche médicale. Les programmes soutenus par notre Association visent à utiliser l’intelligence artificielle pour détecter les signes avant-coureur d’une mort subite. Notre mécénat auprès de L’institut des maladies du rythme cardiaque (LIRYC) contribue à l’avancement des recherches sur la cartographie et le traitement de la fibrillation ventriculaire et l’évaluation des patients à risque.

L’institut des maladies du rythme cardiaque a pour vocation de donner naissance à des avancées médicales majeures pour mieux soigner les patients. Composé de 170 femmes et hommes, experts internationaux pluridisciplinaires, l’institut combine les domaines de la physiologie cardiaque, la cartographie à haute résolution, l’imagerie cardiaque, le traitement des signaux et la modélisation cardiaque.

Voici 2 exemples de réalisation de l’institut :

UNE SALLE DE FORMATION ET DE SIMUATION

Une politique de formation en santé, soucieuse de la sécurité des patients et de la réduction des erreurs médicales, se doit de promouvoir et de mettre en place la formation sur simulateurs. Initié par les anesthésistes, ce mode d’enseignement permet un transfert progressif des apprentissages et est en passe de devenir un outil essentiel dans l’enseignement de la cardiologie. La formation sur simulateurs au sein de cette spécialité médicale hautement « technique » est sans conteste un moyen incontournable pour permettre aux apprenants de maîtriser les techniques complexes en cardiologie interventionnelle, d’être aptes dans ce contexte à gérer les situations de crise et les complications potentiellement mortelles, et de développer le travail en équipe médicale.

C’est sur la base de ce constat que l’IHU Liryc, s’est engagé dans l’élaboration de programmes de formation par la simulation aux techniques interventionnelles en cardiologie à l’intention des cardiologues confirmés et des internes de cardiologie.

DES ÉQUIPEMENTS D’INGÉNIERIE DE POINTE

Afin d’accélérer le développement d’innovations technologiques et de réduire le temps de la mise sur le marché, Liryc s’est doté d’une plateforme de bio ingénierie cardiaque unique en son genre. La vocation de cette plateforme est de créer des prototypes permettant une première validation des innovations issues des programmes de recherche afin aller jusqu’à la preuve de concept assurant une mise sur le marché plus rapide. Cette plateforme réunit dans une même structure le prototypage de cathéters, un banc de tests pour les évaluer, ainsi qu’un autre banc de tests pour permettre la simulation et tout cela en utilisant une anatomie humaine reconstruite en 3D et des scenarii d’arythmies cardiaques réalistes. Les cathéters développés et fabriqués serviront au diagnostic mais aussi aux interventions notamment pour les ablations de différentes pathologies comme les congénitales et pédiatriques.

TENDANCES ÉCONOMIQUES

QU’Y-A-T-IL DE L’AUTRE CÔTÉ ?

L’escalade entamée par les banquiers centraux en mars 2022 pour la Fed et quelques mois plus tard pour la BCE arrive à son terme. Le chocs COVID puis le conflit russo-ukrainien ont bousculé l’ordre économique établi jusqu’à réveiller l’hydre inflationniste. Il fallait agir. Le mouvement de hausse des taux enclenché en 2022 est historique tant par sa rapidité que par son ampleur et il porte ses fruits. S’il est trop tôt pour crier victoire, les derniers chiffres montrent que le dérapage des prix ralentit nettement aux Etats-Unis et dans une moindre mesure en Europe. Au-delà de la question inflationniste, il semble que la flambée des prix a été le révélateur d’un profond bouleversement du mode de fonctionnement de l’économie mondiale, sensiblement différent de celui qui prévalait peu ou prou depuis 40 ans. Qu’en est-il ?

L’ouverture d’un chapitre intrinsèquement plus inflationniste

Les dérèglements engendrés par la COVID et le conflit Russo-Ukrainien ont-ils sonné le glas du libre-échange ? Oui si l’on parle du modèle néolibéral qui prévalait ex-ante, mais l’adoption de nouvelles règles ne sera ni rapide, ni de tout repos. Chacun a compris que l’heure n’est plus au libre-échange effréné mais plutôt à la recherche d’alliances avec des pays amis dans les domaines stratégiques. Ainsi la sécurité est devenue l’étalon de mesure majeur des décisions politiques et industrielles. La guerre déclenchée par la Russie a définitivement remis en cause la croyance dans les bienfaits du « doux commerce » cher à Tocqueville. Si l’idée selon laquelle la libéralisation des échanges fera converger les économies insérées dans une globalisation sur le modèle occidental à l’échelle de la planète a du plomb dans l’aile, il faut garder en tête que bénéficier de plus de sécurité aura un coût. Souvenons-nous que les délocalisations dans les pays à bas coûts qui ont permis l’enrichissement des actionnaires de sociétés profitant de marges confortables, ont aussi largement contribué à l’amélioration du pouvoir d’achat des consommateurs. Concrètement on peut mesurer le changement d’approche à travers la pénurie de médicaments qui frappe l’Europe. Sécuriser nos approvisionnements suppose soit de produire sur notre sol, soit d’accepter de payer des prix plus élevés aux industriels, dans les deux cas le client final verra sa facture augmente.

suite …

Dans un autre registre, la bascule vers une économie soucieuse de minimiser son empreinte sur l’environnement n’est pas une option. Il y a urgence, Mère Nature nous l’impose. Le fait d’intégrer ce facteur dans les coûts de production ne peut pas être neutre. En clair, produire la même chose plus proprement coutera plus cher. Le mouvement devra être relativement rapide, les contraintes réglementaires visant à substituer les moteurs électriques aux moteurs thermiques pour l’automobile en témoignent. La question qui reste en suspens est de savoir qui paiera la facture ? Et la réponse est : probablement tout le monde. Les Etats qui risquent de s’endetter un peu plus encore, les entreprises qui risquent de voir leurs marges mises sous pression et les consommateurs qui risquent de voir leurs factures/impôts augmenter.

De même, la lutte contre le dérèglement climatique conduit les gouvernements à changer de logiciel. Il faut désormais favoriser la réindustrialisation et raccourcir les chaines de production. Aux Etats-Unis, l’Inflation Réduction Act (IRA) et le Chips Act dégainés par l’administration Biden ne sont pas seulement destinés à lutter contre le changement climatique, ils cherchent aussi à placer le pays en tête de la course aux industries de demain. Avec le Green Act, l’Union Européenne avance dans la même direction. Le constat est sans appel. Si le PIB par tête de la Chine est 6 fois supérieur à celui de l’Inde c’est, entre autres, parce que l’industrie représente 30% du PIB chinois contre seulement 15% pour l’Inde. Il faut considérer les gains de productivité comme un facteur essentiel de la dynamique de développement. C’est par eux que passe l’amélioration de la croissance potentielle, un mariage complexe entre l’accès aux ressources naturelles, la démographie, le cadre législatif et réglementaire, l’éducation, l’investissement etc…Or sur les dernières décennies, dans un pays comme la France, les politiques économiques structurellement favorables à la demande, ont participé au recul de l’industrie. En réalité il sera impossible de continuer à soutenir la demande, accélérer la réindustrialisation et rester dans un monde de libre-échange. L’un de ces objectifs est en trop. Une autre difficulté se niche dans l’hétérogénéité des pays de l’Union. Seuls les pays les moins endettés, capables de verser des subventions, seront en mesure d’attirer à eux les investissements ce qui contribuera à accroître les divergences entre les États. Il est donc essentiel de mettre en place des financements au niveau européen.

suite …

L’inflation plie mais ne rompt pas

Sur un horizon plus conjoncturel, il semble que le travail des banquiers centraux porte ses fruits. Devant le principal vecteur d’inflation, à savoir le déséquilibre flagrant entre une offre sous optimale (abimée par la désorganisation consécutive à la séquence covid et par l’envolée des prix de l’énergie consécutive au déclenchement du conflit Russo-Ukrainien), et une demande très dynamique (boostée par un effet rattrapage et par le soutien sans faille des gouvernements à la défense du pouvoir d’achat), les banquiers centraux ont choisi de faire reculer la demande. Dit autrement, l’objectif est d’imposer un net recul de la croissance afin d’en finir avec le dérapage inflationniste.

En Europe, la première partie de l’exercice est atteinte. Sur les 3 derniers trimestres la croissance est proche de zéro. En revanche à 5.3% l’inflation, elle, ne recule que modérément, loin, très loin de l’objectif affiché de 2%. Un tel écart ne laisse pour l’instant que peu de place au relâchement. C’est la raison pour laquelle la BCE a annoncé une énième hausse (25 bp) à 4-4.5% le 14 septembre. Aux Etats-Unis l’objectif est en vue. Certes les derniers chiffres d’inflation (sept) font état d’une remontée de 3.2 à 3.7% essentiellement due à la hausse du prix du baril mais à l’inverse l’inflation cœur (hors éléments volatils) continue à refluer de 4.7 à 4.3%. Dans le même temps les indicateurs d’activité pointent tous en direction d’un ralentissement, un mouvement tout à fait attendu compte tenu de l’ampleur des hausses de taux. À la vue de ces chiffres le constat est simple : la partie n’est pas gagnée mais les choses sont plutôt bien parties aux Etats-Unis, la situation est plus compliquée en Europe. Dans les deux cas la fin du cycle de hausse des taux est imminente.

suite …

Comment se présente 2024 ?

Avant de se projeter sur 2024, il convient de répondre à la question qui brule les lèvres de tous les économistes. Mais comment un choc de taux d’une telle ampleur (+400 bp en Europe et 525 bp aux Etats-Unis) en l’espace de 18 mois a-t-il pu être absorbé par l’économie sans provoquer un effondrement de la croissance ? L’explication vient de l’abondance de liquidités. La plupart des investisseurs, nous y compris, en ont mal mesuré la puissance. Trois raisons se sont additionnées. Premièrement, le durcissement monétaire est le plus important réalisé depuis 40 ans mais il fait suite à un assouplissement XXL déclenché par la crise covid qui a permis aux entreprises de se refinancer sur des durées plus longues (repoussant ainsi le mur de la dette) et à des taux ultra confortables, proches de zéro. Résultat, à ce stade, les bilans des grandes entreprises n’ont pas été vraiment impactés par la hausse des taux. Deuxièmement le durcissement monétaire a été contrecarré par des politiques budgétaires très largement expansionnistes tournées la plupart du temps vers un renforcement de la souveraineté industrielle et/ou la lutte contre le réchauffement climatique. Le meilleur exemple est celui de l’Inflation « Reduction Act » aux Etats-Unis. Une loi qui, sous couvert de lutte contre l’inflation, permet une croissance très rapide des crédits se rapportant aux objectifs cités plus haut. Troisièmement les confinements ainsi que les multiples aides en direction des ménages ont généré un excès d’épargne inédit. Pour douloureux qu’il soit pour les ménages les plus modestes, l’impact de la hausse des prix a été fortement atténué par un très important matelas d’épargne dans lequel les consommateurs ont puisé, confiants dans la capacité de l’économie à passer le cap. Bilan : côté positif une croissance soutenue par une consommation qui n’a pas vraiment fléchi. Côté négatif un déficit budgétaire de l’ordre de 7.5% alors que les Etats-Unis sont au plein emploi. Du jamais vu.

suite …

Depuis mi-août l’ambiance a changé. Les indicateurs d’activités font grise mine. Certains secteurs broient du noir (immobilier, chimie), d’autres vacillent, des réserves d’épargne il ne reste plus grand chose, les activités de services, jusque-là préservée (en contrepoint de la période des confinements), ralentissent. Ce dernier point n’est pas neutre dans le sens où, l’excellente tenue des services (voyages, loisirs, restauration, hôtellerie…) a jusque-là permis de maintenir le chômage sur des niveaux bas maintenant ainsi la pression sur les employeurs pour des hausses de salaires conséquentes faisant craindre l’instauration d’une boucle prix-salaire honnis des banquiers centraux. Finalement, rien de plus normal. Au fur et à mesure que l’activité ralentit, les pressions inflationnistes s’estompent. C’était bien l’objectif, la question suivante est : jusqu’où ?

Si on prend un peu de recul, il n’est pas déraisonnable de penser qu’ayant adopté des politiques monétaires un peu (beaucoup) trop généreuses, les banques centrales poussent cette fois le curseur un peu loin du côté restrictif. C’est un danger d’autant plus grand que la mauvaise transmission de cette politique monétaire à l’économie pour les raisons que nous venons d’évoquer, correspond à un décalage dans le temps laissant espérer un atterrissage en douceur.

suite …

Il n’est en effet pas interdit de penser que le reflux de l’inflation puisse, au fil des mois, redonner du pouvoir d’achat permettant ainsi aux américains de continuer à consommer…Reste que le chemin est très étroit lorsque l’on sait que le taux d’épargne des ménages est de seulement 3.6% (contre 7.5 à 8% en moyenne avant covid). En Europe, la lecture est plus simple. Alors que la croissance tourne autour de zéro et que les gouvernements vont être obligés de revenir à plus d’orthodoxie budgétaire, on ne voit pas bien par quel miracle la zone euro échapperait à une récession. Bien malin qui peut dire aujourd’hui quelle en sera l’ampleur.

Heureusement, malgré un contexte compliqué et surtout difficile à appréhender, les possibilités d’investissements restent nombreuses. Hausse des taux oblige, l’univers obligataire est à nouveau accueillant et il est parfaitement possible d’investir sur des rendements de l’ordre de 4.5% en prenant très peu de risque (obligations souveraines et dette privée de qualité investment grade). De même, il fait peu de doute que des thématiques comme celle de la transition énergétique seront soutenues envers et contre tout quels que soient les aléas conjoncturels…

Alain Dumas, Directeur des gestions Allianz Banque

Vous venez de découvrir une partie des articles de votre magazine ANCRE LES INFOS. Pour lire davantage d’articles, cliquez sur le bouton « Accès au magazine ANCRE LES INFOS ».

Vous pourrez ainsi :

  • Penser à effectuer des versements sur vos contrats retraite PERI
  • Suivre les dernières avancées en matière de traitements des arythmies cardiaques
  • En savoir plus quant à l’ « art » de sélectionner les unités de compte
  • Découvrir ou redécouvrir Bordeaux
  • Savoir ce que l’ANCRE a fait pour vous ces derniers mois
  • Consulter notre fiche pratique sur l’assurance Prévoyance.